EXCLUSIF. – De leur rapport à l’université, on ne sait pas forcément grand chose. Les sites sur les candidats aux primaires citoyennes donnent bien quelques clés : on y apprend par exemple que François Hollande a découvert à l’Institut d’études politiques de Paris la passion du syndicalisme étudiant. Que pendant ses études d’histoire à Paris 1 (qu’Arnaud Montebourg a également fréquenté en droit), Manuel Valls a adhéré à l’UNEF-ID et conseillé Michel Rocard pour les affaires étudiantes. Que Jean-Michel Baylet est devenu journaliste en 1971 après des études de droit lui aussi. Que quatorze présidents et anciens présidents d’université avaient apporté leur soutien à la candidature de Ségolène Royal en 2007. Que Martine Aubry s’est engagée pour la jeunesse avec sa Fondation agir contre l’ exclusion, dans les années 1990…

Dans les staffs de campagne, les équipes chargées de la question universitaire sont souvent pléthoriques, preuve s’il en était besoin que l’éducation au sens large sera sans doute aussi déterminante en 2012 que la fracture sociale en 2002 ou l’insécurité en 2007.

Mais quelle est l’opinion des candidats sur la réforme sans doute la plus importante du quinquennat Sarkozy ? Comment se situent-ils face aux propositions plutôt consensuelles du projet socialiste sur l’université alors que certains think tank de gauche  comme Terra Nova multiplient les propositions iconoclastes et qu’à la gauche de la gauche, les positions sont parfois très tranchées ? De cela on n’avait jusqu’ici que peu d’éléments.

Ces derniers jours,les six candidats ont reçu un court questionnaire. Les questions étaient à la fois simples et précises :

  1. Comptez-vous conserver ou remettre en cause la loi LRU sur l’autonomie des universités ? Quel bilan en faites-vous ? Le cas échéant, sur quels points l’aménageriez-vous ?
  2. Faut-il poursuivre, et sous quelles formes, les regroupements universitaires au sein des Pôles de recherche et d’enseignement supérieur ?
  3. Quels moyens financiers supplémentaires mobiliseriez-vous pour l’université ? Comment les financeriez-vous et comptez-vous poursuivre la politique d’emprunt en faveur de l’enseignement supérieur (les « investissements d’avenir ») ?
  4. Comptez-vous remettre en question la réforme de la formation des enseignants du secondaire ?
  5. Estimez-vous nécessaire, comme le Front de gauche, de mettre un terme aux activités de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES) ?
  6. Que pensez-vous de la proposition de Terra Nova de relever les frais d’inscription des étudiants pour financer l’université ? Quelles mesures également préconisées par Terra Nova (allocation d’autonomie de 500 euros par mois pour tous les étudiants, suppression des cours en amphi, réduction de moitié des places dans les grandes écoles, sélection des étudiants à l’entrée en master…) reprendriez-vous à votre compte ?
  7. Comment comptez-vous développer le logement étudiant ? Quels moyens supplémentaires mettriez-vous en œuvre ?

et une question complémentaire : si vous êtes élu(e) en 2012 président(e) de la République, quelle serait votre première décision concernant l’enseignement supérieur ?

A la veille de leur deuxième confrontation télévisée, cinq sur six ont répondu au questionnaire. Le format de leurs réponses était libre. Nous les reproduisons ici in extenso, à la fois comme contribution au débat pour les sympathisants de gauche et plus largement pour tous ceux qui voudraient connaître l’amplitude des différences d’analyses pour se forger leur propre opinion.

Même si la période est singulière, à quinze jours du premier tour, on décèle sans peine la force de la tectonique idéologique : assurément, les clivages partisans (et c’est très marqué sur l’université, comme on l’a décrit dans Le Grand Chambardement) se sont  réorganisés.

La plupart des candidats voient ainsi le principe de l’autonomie comme « une bonne chose » pour reprendre le mot de François Hollande, qui déplore cependant « l’inacceptable mise en concurrence des universités ». Si le candidat ne commente pas la proposition de Terra Nova d’augmenter les frais de scolarité en contrepartie d’un élargissement du système des bourses (qui avait été mise en débat il y a quelques mois par son association « Répondre à gauche »), il réaffirme sa volonté de créer 12 000 postes par an,que l’on devait donc entendre comme couvrant à la fois l’école primaire et l’université. Parmi ses autres propositions :  la garantie d’au moins 50 % des places en IUT et BTS pour les élèves des filières technologiques et professionnelles, afin de lutter contre l’échec en licence à l’université, une réflexion sur la « création d’écoles régionales » de formation des enseignants et des bourses complémentaire de l’allocation d’autonomie (prévue dans le projet socialiste) pour les secteurs « stratégiques » qui peinent à recruter.

Du côté de Martine Aubry, la principale proposition est la réunion « dès le début de la mandature », d’assises de l’enseignement supérieur et de la recherche « pour préparer, avec l’ensemble des acteurs, une grande loi » et procéder à une « remise à plat » (le terme est important) des lois votées sous la présidence Sarkozy, dont la LRU. La candidate entend « porter, enfin, les dépenses consacrées à la recherche à 3 % du PIB ». Cela serait rendu possible (notamment ?) par un « redéploiement des budgets du Crédit impôt recherche », Martine Aubry étant « formellement opposée à l’augmentation des frais d’inscription ». Elle souhaite par ailleurs remplacer l’Agence d’évaluation par « une structure acceptée par tous ».

Pour Arnaud Montebourg, « à l’université aussi, il faut changer de République ». Le candidat propose lui aussi une nouvelle loi qui « remplacera » (c’est explicite) la LRU, « transformera les modalités d’élection du conseil d’administration et du président, et donnera du poids aux différents conseils universitaires ». Surtout il s’engage à « créer chaque année 5 000 emplois supplémentaires dans les laboratoires et universités » et de mener à bien « un plan de 8 000 constructions et 10 000 réhabilitations de logements pour les étudiants, chaque année ». Ses propositions seraient notamment financées par une remise à plat du grand emprunt, qu’il voit comme une « usine à gaz qui engendre des coûts de fonctionnement énormes ». Le candidat veut aussi rapprocher les classes préparatoires, les BTS et les universités « pour construire un vrai service public d’enseignement supérieur ».

Manuel Valls est lui-aussi critique sur la LRU et prône « une gouvernance autonome par rapport au ministère, avec des contre-pouvoirs démocratiques » dans les universités. Il est plus nuancé sur le Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (le PRES), qui « du fait de sa flexibilité, apparaît […] comme un outil relativement pertinent ».  Le candidat milite pour un « profond renouvellement des sources de financement », avec les collectivités locales et les entreprises en fers de lance, dans la mesure où le « niveau de notre dette nous impose de consacrer chaque rentrée d’argent à son remboursement ». Sur l’augmentation des frais de scolarité, il est parmi les socialistes celui qui va le plus loin, quoiqu’en termes particulièrement mesurés : « augmentons sensiblement les bourses de l’enseignement supérieur pour assurer un financement adéquat aux étudiants fragilisés. Ensuite, si – et seulement si – les conditions sont réunies pour préserver ceux qui ont le moins, une augmentation équilibrée des droits d’inscription pourra être envisagée. »

Jean-Michel Baylet veut lui-aussi redéployer le Crédit impôt recherche et dégager « environ 2 milliards annuels en faveur de pôles mondiaux d’excellence ». Pour lui, « il faudra faire appel aux crédits régionaux pour les investissements, et sans doute pour financer un certain nombre de formations, notamment des formations professionnelles courtes », mais également pour la question du logement étudiant. Mais c’est surtout la formation des enseignants qui est au cœur de ses préoccupations et, précise-t-il, « pour les radicaux, primordiale ». Le candidat du PRG propose également de « relever les frais d’inscription, en tenant compte de la situation familiale et en donnant une allocation d’autonomie aux étudiants ».

Par ordre de retour, les réponses de Manuel Valls, de Jean-Michel Baylet, d’Arnaud Montebourg, de Martine Aubry et de François Hollande.


Invité ce matin à ouvrir un colloque sur l’université organisée par l’Institut Montaigne à Paris 2, le Président de la République a vanté sa loi sur l’université et dressé quelques pistes de réformes à venir, au lendemain de la nouvelle défaite électorale subie par le parti majoritaire aux sénatoriales.

« Je ne crois pas, je ne crois plus aux grandes réformes définitives et blo­quées », a expliqué M. Sarkozy, qui milite aujourd’hui « pour un sys­tème uni­ver­si­taire qui se réfor­me­rait en continu : chaque année, le gou­ver­ne­ment pour­rait pré­sen­ter un texte, pas for­cé­ment défi­ni­tif, pas forcément systémique mais un véhi­cule légis­la­tif qui per­met­trait, après consul­ta­tion avec le monde uni­ver­si­taire, de voir sur quoi on pour­rait faire bouger les choses ».

Le Président a cité en exemple la gouvernance des universités pour laquelle « on n’a pas osé aller assez loin le première fois ». Le vote des personnalités extérieures, qui n’est pas été prévu dans la loi Pécresse est  notamment « l’un des domaines où on peut réfléchir tranquillement ».

L’avenir, a également précisé le chef de l’État, « c’est que vous diversifiez vos sources de financement » à travers des programmes de recherche avec  les entreprises ou les fondations. Mais, a martelé Nicolas Sarkozy dans une phrase sibylline, « ce serait une très mau­vaise idée que toutes les uni­ver­si­tés décident d’augmenter leurs droits d’inscription. » Une pierre dans le jardin des socialistes où le question fait débat…

Dans le passé, a encore précisé M. Sarkozy, « ça a été une erreur d’augmenter les moyens des lycées qui perdaient des lycéens et de baisser ceux de l’université qui gagnait des étudiants ». « Au nom de l’égalité, ou plutôt de l’égalitarisme, nous refusions l’excellence, nous refusions la concurrence, nous refusions la compétition. Ce fut le grand mensonge d’une génération. »

Presque cinq ans, jour pour pour jour après la convention de l’UMP sur l’enseignement supérieur et la recherche qui a véritablement lancé la dernière présidentielle, le (futur) candidat Sarkozy a posé ce matin les jalons d’un nouveau programme quinquennal sur l’université. Son discours était sans doute moins fougueux qu’en 2006 mais il lui permettait de fourbir ses arguments de campagne : « Si nous réus­sis­sons à faire évoluer l’Université », a-t-il conclu, « nous aurons réussi à moder­ni­ser la France. »


Et revoici le temps des Idex, les «Initiatives d’excellence» du grand emprunt, dotées au total de plus de sept milliards d’euros et destinées à façonner les universités de demain… Ou en tous cas des rares bénéficiaires de ces appels à propositions ultra-sélectifs.

Lors du premier round, dix-sept candidats avaient postulé, sept seulement avaient passé le cap des présélections et trois avaient été récompensés : le Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) de Bordeaux, l’université de Strasbourg et le PRES Paris Sciences et Lettres (qui regroupe notamment l’ENS, le Collège de France et Dauphine).

Que retenir des présélections 2011 qui viennent d’être annoncées ? D’abord que le nombre de candidature est sensiblement le même : quinze cette année. Les présélections auront lieu en novembre pour un choix final en février 2012.

Les quatre grand perdants de 2010 sont, comme prévus, qualifiés d’office (Lyon/St Etienne, Grenoble, Toulouse et Sorbonne Universités, qui regroupe Paris 2, Paris 4 et Paris 6).

Tous les candidats de 2010 se sont par ailleurs relancés dans la compétition, certains avec un nouveau périmètre (recentré sur Lille pour le PRES «Nord de France», sans Montpellier 3 pour «Sud de France»…) et d’autres sous un nouveau nom («Hautes Études-Sorbonne-Arts et Métiers» se rebaptise ainsi « Paris Novi Mundi Université »).

Seule vraie surprise : l’arrivée d’un petit nouveau, qui se met sur les rangs à Paris : un certain «CITIF 2440» avec un projet intitulé «Cité intelligente du futur 2440» derrière lequel se trouve… Paris 10, la seule université parisienne sans PRES. A cette rare exception près, les happy few de «l’excellence» universitaire restent décidément entre eux…


Note de lecture

22Sep11

Refonder l’Université. – Ce blog reprend à la faveur de la rentrée universitaire avec des notes de lectures qui paraissent avec un retard certain. L’ouvrage collectif publié l’an dernier est pourtant de ceux qu’il convient de relire à l’approche de l’échéance électorale de 2012. En développant les arguments de ceux qui se désignent comme « les Refondateurs » (à la suite de leur tribune dans « Le Monde » en mai 2009), le livre pose un diagnostic et nourrit le débat sur la manière d’enrayer « le déclin ». Il ose « onze modestes propositions », qui n’ont guère fait l’unanimité dans le milieu universitaire mais qui ont largement diffusé auprès des think tank, notamment de gauche, comme l’augmentation des frais de scolarité, la réorganisation des disciplines ou la sélection. Quelques mois après, l’ouvrage n’a pas vieilli et continue d’entretenir le débat, ainsi qu’on peu le lire ici ou là sur la toile où dans le livre même à travers le débat entre Marcel Gauchet et le président de Dauphine, Laurent Batsch. Et ne serait-ce que qu’en cela, sa mission n’aura pas été vaine.

Olivier Beaud, Alain Caillé, Pierre Encrenaz, Marcel Gauchet, François Vatin, La Découverte, Paris, 2010.


C’est un sondage qui est un peu passé inaperçu et pourtant… Le Baromètre des services publics en Europe réalisé par BVA-Institut Paul-Delouvrier pour France Info et Les Echos révèle en effet que l’éducation est devenue la première priorité des Français.

L’emploi est donc détrôné (de peu). Le logement arrive en troisième position. L’éducation réalise une percée impressionnante puisqu’elle gagne 20 points depuis l’enquête précédente, ce qui témoigne à tout le moins d’une attente, comme la sécurité ou la fracture sociale avaient pu l’être lors des précédents scrutins.

L’autre leçon de ce sondage c’est l’esprit critique des Français sur l’action des pouvoirs publics. Sur cette même thématique de l’éducation, seuls 24 % des Français estiment qu’ils ont une bonne ou une assez bonne opinion de l’action de leurs gouvernants. Un chiffre en recul de 10 points par rapport à l’an dernier, alors qu’il en gagne 4 au niveau européen… Les Français sont ceux qui jugent globalement le moins bien leur pays au niveau de sa performance des services publics.

Sondage réalisé par internet du 1er au 14 juin 2011, sur un échantillon représentatif de 4.268 personnes dans 5 pays européens : Angleterre, Espagne, Italie, France et Allemagne.

 

 


C’est aujourd’hui à 15 heures que seront annoncés les premiers lauréats des « Idex », les « initiatives d’excellence ». Pour ceux (nombreux) qui auraient du mal à suivre, les « Idex » sont des appels à projets lancés en septembre dernier dans le cadre du grand emprunt (pardon, des « investissements d’avenir ») et doté de plus de sept milliards d’euros. Rien que ça.

Selon les rumeurs (en partie confirmées par le lieu de l’annonce, à Bordeaux), les sites de Strasbourg, de Paris Sciences et Lettres (qui regroupe notamment l’ENS, le Collège de France et Dauphine) et donc de Bordeaux devraient être récompensés.

D’autres lauréats pourraient toutefois les avoir rejoints cet après-midi puisque le comité de pilotage a cette liberté-là, si le jury ne trouve rien à redire à ce qui constitue tout même une remise en cause de ses décisions…

Première conclusion : les initiatives d’excellence étaient censées faire émerger 5 à 10 pôles d’excellence de rang international. Sur les dix-sept candidats de départ, sept ont passé le cap des présélections et le jury international n’en aurait finalement retenu que trois aujourd’hui. L’écrémage est impressionnant.

C’est un carton plein pour Strasbourg et Bordeaux, à qui on a déjà promis des sommes considérables (respectivement 375 et 475 millions d’euros) lors de l’appel à projet précédent, l’Opération campus, en 2008. Cela promet un automne animé et sans doute quelque jalousie dans le milieu, au moment où les recalés et les déçus de l’excellence commencent à donner de la voix.

Jamais sans doute n’était apparu de manière aussi crue le système à deux vitesses qui se met en place dans l’université française et que je décris en détails dans Le Grand Chambardement. D’un côté des pôles sur qui pleuvent des centaines de millions d’euros. De l’autre, un nouveau désert universitaire qui ne touchera rien, dans un contexte budgétaire de plus en plus contraint.

Cette fois, la dotation en capital (qui pourra atteindre jusqu’à 1 milliard d’euros) ne sera (éventuellement…) versée qu’au bout de quatre années probatoires. Durant cette période, les universités lauréates ne percevront que les intérêts de cette somme, et encore qu’en partie, comme le précise de manière assez alambiquée le ministère sur son site.

Dernière conclusion provisoire : Paris est décidément à la traine. Parmi les grands regroupements universitaires, ni « Sorbonne Universités » (Paris 2, 4 et 6), le seul qui était encore en compétition, ni « Sorbonne Paris Cité » (Paris 3, 5, 7 et 13) ni Saclay (qui réussit le prouesse de toucher un milliard malgré son échec !) ni le Campus Condorcet (qui n’a pas même concouru) ne sont retenus !

L’outsider qui est sélectionné – Dauphine – est l’un des derniers à avoir suivi le mouvement de recomposition, et encore n’a-t-il rejoint qu’un ensemble de grandes écoles…

Un deuxième appel sur cette même ligne vient d’être ouvert. Les projets doivent être déposés avant le 20 septembre prochain. Les nouvelles « Initiatives d’excellence » seront sélectionnées début 2012. A quelques mois de la présidentielle.


Et pan sur le bec ! Valérie Pécresse partie au budget, c’est Laurent Wauquiez qui hérite de l’enseignement supérieur et de la recherche. Un démenti à mon précédent post mais une confirmation de celui… du 10 janvier 2010 où j’envisageais déjà l’hypothèse d’une arrivée de cet autre mousquetaire du sarkozysme.

Outre l’ironie de voir celle qui aura tant souffert de Bercy veiller désormais au budget de l’an prochain, quelles leçons tirer de cette nomination ? D’abord que l’université reste un ministère de plein exercice, ce qu’il aura été sous toute la législature – une première. Ensuite qu’un ministre né en 1975 succède à une ministre née en 1967 – une première là-encore.

Surtout, la nomination du chantre de la « droite sociale », auteur du rapport remarqué sur « les conditions de vie étudiante » (largement évoqué dans Le Grand Chambardement) et défenseur acharné de l’apprentissage, marque sans doute un infléchissement de la politique en fin de mandature. Une façon aussi, sans doute, d’anticiper la rentrée universitaire qui s’annonce chaude, tant les sujets de lassitude et de fâcherie s’accumulent.

Lorsque Wauquiez a fondé son club de réflexion, la Droite Sociale, après l’électrochoc des régionales de 2010, les bourses pour les classes moyennes dans l’enseignement supérieur étaient déjà l’une de ses préconisations phares. L’admirateur des Classes moyennes à la dérive de Louis Chauvel, fou de BD et de course à pied, d’histoire et d’Orient, prône en effet « la défense des classes moyennes et des petits » et prépare d’ailleurs un livre sur ce thème.

Le nouveau ministre n’aura pas beaucoup de temps pour imprimer sa marque après le long passage de son prédécesseur. Mais il ne manque pas d’atouts. Son micro-parti se nomme « Nouvel Oxygène ». Une façon peut-être de se donner, comme dirait l’autre, un désir d’avenir…