Le vrai-faux rattrapage de deux recalés de l’excellence

20Fév12

Le candidat Nicolas Sarkozy en est persuadé : son quinquennat aura permis d’en finir avec l’égalitarisme français dans l’enseignement supérieur. Après un (très) complexe processus, des jurys internationaux ont donc déterminé les campus sur qui se déversera un jour la manne des « Investissements d’Avenir », le grand emprunt Sarkozy.

Initiatives d’excellence (Idex), Laboratoires d’excellence (Labex), Équipements d’excellence (Equipex), le nouvelle France universitaire (sur laquelle Universitas aura l’occasion de se pencher prochainement) a des fleurons qui se comptent sur les doigts de… allez… deux mains.

Telle elle a été voulue, telle elle a été mise en œuvre. Ne pas avoir annoncé la couleur n’est pas le reproche principal qu’on puisse adresser au Président en la matière…

Sauf que… la réalité va être tout autre. Le gouvernement Fillon a décidé de reconsidérer deux dossiers. A l’aune de cette logique de l’excellence, c’est plus que contradictoire : presque insultant pour la politique ultra-sélective menée jusque là… et pour le jury international qu’on est impatient d’entendre !

Ce soir, dans l’un de ces communiqués de presse qui tombent à l’heure où les journaux mettent sous presse, le ministère de l’Enseignement supérieur annonce que Lyon/Saint-Etienne et  Novi Mundi Université vont bénéficier, je cite, d’un « soutien particulier ».

Certes, explique encore cette alambiquée communication, « le jury a décidé de sélectionner les projets ayant recueilli deux tiers de votes positifs », ce qui est loin d’être le cas de ces deux-là. Mais le premier ministre a néanmoins demandé au ministre « d’étudier le plus rapidement possible les moyens de reconnaître la très grande qualité de ces deux projets ».

Diantre… Comment reconnaître une très grande qualité à des projets que le jury n’était apparemment pas particulièrement en veine de souligner ? Rien de moins qu’en revenant sur leur décision souveraine : « Les deux projets sont sur le chemin d’une possible labellisation Idex » à échéance de trois années. Mieux, « après information du parlement, il leur sera apporté des moyens financiers » supplémentaires (on sera curieux de savoir combien) s’ils arrivent à définir des « jalons concrets à atteindre pour aboutir à la gouvernance rénovée annoncée ».

On a déjà souligné ici même, combien ces « Investissements d’avenir » portaient en eux les germes d’un grand chambardement de l’université française. De la même manière qu’on avait rattrapé Lille et la Lorraine pour l’Opération Campus en juin 2009 (sans leur donner toutefois de dotation en capital comme les autres lauréats), on change donc une nouvelle fois les règles du jeu après la partie.

A l’époque, neuf mois avant les régionales de 2010, c’était passé dans l’épaisseur du trait d’un « plan de relance ». Aujourd’hui, deux mois avant la présidentielle, quoi qu’on pense par ailleurs de la qualité de ces deux projets et quoi qu’on pense surtout de cette politique là, le procédé ressemble à s’en méprendre à une grosse ficelle.

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