Etudiants étrangers : le paradoxe français

04Jan12

C’est ce qui s’appelle un cafouillage gouvernemental. Officiellement, l’objectif est toujours d’accueillir de plus en plus d’étudiants étrangers en France. Depuis le 1er janvier, Campus France, l’agence pour la promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger a été renforcée pour permettre de recruter 75 % d’étudiants aux niveaux master et doctorat et de développer la « mobilité encadrée », deux des objectifs en la matière.

Mais pour renforcer l’attractivité de la France, on a connu mieux… En mai, le ministère de l’Intérieur a publié une circulaire extrêmement restrictive sur la « maîtrise de l’immigration professionnelle », qui a abouti à des refus massifs des demandes de changement de statut (d’étudiant à salarié) et à un alourdissement des procédures. Certains jeunes embauchés ont même dû quitter le pays purement et simplement.

Un collectif s’est créé, avec une page Facebook particulièrement active et les pétitions pour une « université universelle » se multiplient. En décembre, Laurent Wauquiez le reconnaissait sans ambages : « on s’est plantés ». Cet après-midi, le gouvernement  présente une circulaire complémentaire, qui n’annule pas la précédente mais tente d’en atténuer les effets pour les « hauts potentiels », titulaires au minimum d’un master.

Mais ce n’est pas tout : la loi de finances 2012 a renforcé les taxes pour les titres de séjour. Le renouvellement, gratuit jusqu’en décembre 2008, était compris depuis entre 55 et 70 euros. Depuis le 1er janvier, il peut atteindre jusqu’à… 385 euros. Le dépôt de la demande coûte lui même 110 euros, non remboursables en cas de refus…

Les aberrations du système sont nombreuses. Ainsi, jusqu’à présent les préfets pouvaient délivrer une carte de séjour aux étudiants étrangers non munis d’un visa de long séjour  mais entrés régulièrement en France. Mais pas aux ressortissants algériens ni à ceux des États d’Afrique francophone subsaharienne!

Alors qu’un toilettage de la loi aurait été nécessaire pour servir cette ambition, l’attractivité de la France universitaire fait les frais des crispations ambiantes, à un peu plus de cent jours du premier tour de la présidentielle.

MàJ 18 jan. 2011 : Le Sénat a adopté cet après-midi une proposition de résolution initiée par la sénatrice socialiste de Paris Bariza Khiari, qui dénonce « les ravages » pour la France de la circulaire Guéant.

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One Response to “Etudiants étrangers : le paradoxe français”

  1. 1 vieetudianteaparis

    Très bel article 😉 bravo. Nous les étudiants étrangers nous sommes venus en France dans le but d’acquérir certaines compétences que l’ont ne trouvent chez nous, et de voir que la France ne veut pas nous ‘aider’ cela nous blesse. C’est bien beau d’avoir un diplôme mais sans expérience professionnelle ça ne sert à rien.


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