En Belgique, la crise de gouvernance touche aussi l’université

29Sep10

La nouvelle n’a guère franchi le Quiévrain et pourtant, vu de Bruxelles, c’est l’une des crises les plus graves depuis 1968 ! Le jour de la rentrée, le 20 septembre, le recteur de l’Université libre de Bruxelles, Philippe Vincke, a remis sa démission en expliquant dans un communiqué que « le conseil d’administration de l’ULB est gangrené par une logique de clans qui en fin de compte bloque le fonctionnement de l’institution ».

En cause, le choix de deux vice-recteurs proposés par Vincke mais rejetés par les étudiants administrateurs. Depuis décembre 2009, étudiants et personnels sont réunis dans des listes communes baptisées « Interfac », dont le mot d’ordre visa à « rend[re] l’université à ceux à qui elle appartient ».

« C’est l’université rêvée de mai 68 », résume un prof de l’ULB. « Une vision qui veut que l’université appartient aux étudiants et doit donc revenir aux étudiants. Avec tout ce que cela implique en termes de tactique politicienne et de marchandages électoralistes. »

Cette crise de gouvernance intervient alors qu’une vaste redistribution des cartes se prépare en Belgique, avec le regroupement des grandes institutions de la communauté française, l’ULB, l’Université catholique de Louvain-la-Neuve, l’université de Liège. et peut-être (ou peut-être pas) l’université de Mons, tentée de faire cavalier seul.

En France aussi, la question des rapports de force au sein de conseils d’administration, redistribués par la loi Pécresse en 2007, continue de nourrir les débats. Pas très loin de Bruxelles, à l’université de Valenciennes (et du Hainaut-Cambrésis), un combat des chefs a opposé la présidente sortante, Marie-Pierre Mairesse et son challenger, Mohamed Ourak.

Au troisième tour de scrutin, Ourak a manqué l’élection d’une seule voix, les étudiants préférant voter blanc. Avec leur soutien tardif, ce spécialiste des ultrasons, opposant à la fusion des universités du Nord a finalement été élu avant-hier. Un témoignage supplémentaire, ici, comme là-bas, du pouvoir de ceux qui, au sein des universités, font (et défont) aujourd’hui les rois.

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