Le supérieur, grand absent des régionales

04Mar10

On pouvait escompter le contraire avec l’entrée en lice de la ministre, Valérie Pécresse, et d’une flopée d’autres candidats investis dans l’université : Isabelle This-Saint-Jean, ancienne responsable de Sauvons la recherche, en Ile-de-France, Sylvain Camparot, fondateur de Génération Campus, en Bourgogne, pour ne citer qu’eux…

Et pourtant, à dix jours du scrutin, s’il est un sujet sur lequel les candidats aux élections régionales sont restés discrets, c’est bien l’enseignement supérieur. A titre d’exemple, le programme du parti socialiste en Ile-de-France n’y consacre que deux pages sur 28 et celui de Valérie Pécresse ne mentionne le mot « université » qu’une seule fois – et encore s’agit-il d’une « université des métiers »…

Les régions sont pourtant bien souvent au cœur des dispositifs de recherche et leur importance financière est telle que plusieurs voix avaient appelé, au moment de l’élaboration de la Loi Liberté et responsabilités des universités, à une plus large décentralisation, à l’image de ce qui s’est fait pour les lycées.

Quel est aujourd’hui le montant des investissements régionaux en faveur du supérieur ? La réponse est tout sauf évidente. D’abord parce que les fonds relèvent de plusieurs lignes (bourses de mobilité, équipements, soutiens dans le domaine culturel…), que l’Etat n’a pas toujours abondé sa part des contrats de projets Etat-régions (CPER), que les réformes en cours ont provoqué un (parfois tardif) regain d’intérêt ces derniers mois, sur d’autres fonds que les CPER… Ensuite parce que les données brutes masquent des différences de taille sur le nombre d’étudiants dans chaque région notamment…

Le Département des études statistiques du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche vient opportunément de publier une série de données qui aident à y voir plus clair et ménagent quelques surprises.

On y apprend par exemple que les trois régions les plus étudiantes étaient en 2006 l’Ile-de-France (585 962 étudiants, toutes filières de l’enseignement supérieur confondues), Rhône-Alpes (234 610) et le Nord Pas-de-Calais (153 400).

Le montant des budgets régionaux consacré à la recherche et au transfert de technologies, quoi que très incomplet : plus de 120 millions d’euros en Ile de France (suivi par Rhône-Alpes et la Bretagne) et seulement 15,5 millions en Alsace ! En 2008, l’Aquitaine arrive d’ailleurs en tête en part de budget primitif, devant la Bretagne, les Pays de la Loire et la Picardie.

Plus globalement, la part du produit intérieur brut régional consacré à la recherche et au transfert de technologies ne manque pas d’intérêt. En 2006, le trio de tête est Midi-Pyrénées (4,10 %), l’Ile de France (3,04 %) et Rhône-Alpes (2,59 %). En bas de classement : le Limousin, les Pays de la Loire, Poitou-Charente et… le Nord Pas-de-Calais (0,64 %).

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